Article par Olivier Beaudreault

Benoît Villeneuve est professeur de physique au Cégep Édouard-Monpetit. Il possède un doctorat en astrophysique et est auteur du livre : « Traverser l’océan à la voile ». Il a lui-même traversé l’océan à la voile à plusieurs reprises. Il a aussi participé à l’organisation du voyage de Mylène Paquette, qui consistait à traverser l’océan Atlantique à la rame. Il nous a présenté les principes élémentaires de la physique de la navigation, car nous allons devoir nous-mêmes utiliser ses principes pour guider le voilier durant le stage.

Un aspect qu’il faut immanquablement prendre en compte pour la réalisation d’un voyage en voilier est le vent. Ce dernier vient des rayons du soleil qui, selon l’angle avec lequel ils parviennent à la terre, créent des différences d’apport énergétique au travers du globe. Un apport d’énergie solaire évalue la quantité d’énergie solaire que reçoit une certaine zone. Plus l’angle entre les rayons du soleil et la zone à évaluer est grand, plus l’apport énergétique diminue. Les différences d’apport énergétique viennent du fait que les rayons arrivent perpendiculairement à l’équateur et avec des angles différents partout sur le reste du globe, à cause de la forme ovoïde de la Terre. C’est pour cette raison que l’air est plus chaud autour de l’équateur qu’au Sud ou au Nord.

Comme l’air chaud est plus léger que l’air froid, il y a formation de zones de haute pression atmosphérique aux pôles et de basse pression atmosphérique à l’équateur. La pression atmosphérique est une mesure du poids de l’air au-dessus d’une zone donnée. L’air à la haute pression veut combler la basse pression et c’est ce qui fait le vent. Monsieur Villeneuve nous a donné l’exemple d’un ballon : en soufflant dans un ballon, on augmente la pression dans celui-ci et quand on relâche le bout du ballon, l’air contenu à l’intérieur va vers l’extérieur, car la pression à l’intérieur est plus grande qu’à l’extérieur.

Toutefois, pour le vent il faut aussi prendre en compte la rotation de la Terre. Étant donné que la Terre n’est pas un cylindre, la vitesse à laquelle se déplacent les particules à l’équateur est la plus grande. Plus on s’approche des pôles et plus cette vitesse diminue, car la distance à parcourir est plus petite, mais cela prend autant de temps à parcourir qu’à l’équateur. Cette vitesse est définie selon la formule suivante :
vitesse (m/s) = distance (m) / temps (s).

Article par Maxime Bobba-Gaudreau

Le 8 février 2017, l’équipe de Défi-Environnement a eu la chance de rencontrer Nicolas Milot, Coordonnateur du Comité ZIP Jacques-Cartier et de la table de concertation régionale (TCR) du Haut-Saint-Laurent et du Grand Montréal (le comité est chargé de la coordination de la TCR).

Le comité ZIP Jacques-Cartier a été créé dans le cadre des activités de Stratégies Saint-Laurent, un organisme à but non lucratif qui vise à favoriser la participation des collectivités riveraines dans la protection, la réhabilitation et la mise en valeur du Saint-Laurent et cela, à l’échelle provinciale.

Territoire du comité ZIP Jacques-Cartier

Territoire du comité ZIP Jacques-Cartier

 

Le fleuve et ses rives sont séparés en 13 sections où chaque comité a comme rôle d’amener les divers intervenants à se concerter au travers des TCR, de créer des plans d’action et d’harmoniser les interventions de mise en valeur et de réhabilitation du fleuve.

De nombreux problèmes sont soulevés par la ZIP Jacques-Cartier : l’érosion des berges, le manque d’accès au fleuve, la régulation artificielle du débit du fleuve qui empêche la prolifération de certaines espèces, les espèces exotiques envahissantes… En revanche, la qualité de l’eau reste le sujet le plus préoccupant dans la région de Montréal. En effet, il s’agit de la zone ayant la plus grande densité de population au Québec, et puis de nombreuses entreprises y sont situées.

Les eaux usées sont riches en coliformes fécaux, produits chimiques industriels, mercure, virus et produits pharmaceutiques tels des œstrogènes, du Ritalin et des antidépresseurs. Heureusement, des solutions existent, et les gouvernements prennent les mesures nécessaires afin de maintenir la qualité de l’eau.

Les eaux de pluie et les eaux usées sont acheminées par un système d’égouts unitaires vers des stations d’épurations. Le coût de traitement est de 2$ par 1000 litres, ce qui est extrêmement faible comparé à Toronto : 25$ par 1000 litres.

Du côté de l’eau potable, les coliformes fécaux sont pratiquement réduits à zéro. Cependant, les polluants émergents sont mal détectés et les seuils tolérables sont inconnus. Malgré cela, la qualité de l’eau à Montréal est exceptionnellement bonne, car en amont, les Grands Lacs forment un bassin de sédimentation naturel qui limite le transport des polluants jusqu’à l’île.

 

Article par Maude Whitton

La qualité de l’eau est un sujet très préoccupant et qui est une source importante de questionnement chez la majorité des Québécois. Est-il plus risqué de boire l’eau du robinet? Mon fleuve est-il en santé? C’est dans ce cadre qu’Isabelle Saulnier, professeure de géologie au Cégep Édouard-Montpetit et anciennement responsable de l’équipe du suivi environnemental du Saint-Laurent à Environnement Canada, est venue nous éclairer sur de nombreux aspects du fleuve Saint-Laurent, des sujets assez préoccupants et qui ne devraient pas rester dans l’ombre.

Le fleuve Saint-Laurent est composé de plusieurs habitats : un long estuaire, un golfe marin, des lacs et des tronçons fluviaux. Un habitat varié implique une faune et une flore diversifiée et leur état nous informe sur la santé du fleuve.

En ce qui concerne la flore, le secteur du tronçon fluvial et des îles de Sorel présente une grande quantité d’espèces tolérantes à la pollution. Le réchauffement climatique aurait pour conséquence une augmentation de la floraison d’algues toxiques. La faune n’est pas au sommet de sa forme non plus. La population de béluga est à un seuil critique de sa survie et est en voie d’extinction. Le Fou de Bassan démontre des difficultés avec sa reproduction.

Les eaux du fleuve présentent une grande quantité de produits chimiques comme le PBDE, utilisé dans les retardateurs de flamme. Des substances contenues dans les produits pharmaceutiques et des hormones sont aussi retrouvées dans l’eau. Ce sont dans les sédiments de Montréal et Sorel que les taux de produits chimiques dépassent les normes permises.

Voici donc une situation assez alarmante pour un fleuve qui se veut plus en santé!

Ce n’est que depuis les années 80 que la station d’épuration des eaux usées de Montréal a été mise en fonction! La station Jean-R. Marcotte est considérée comme la troisième plus grande station d’épuration des eaux dans le monde. Une section sert à décontaminer l’eau à l’aide du chlore. Cependant, ce procédé a démontré qu’il en résultait des produits secondaires dangereux pour la faune et la flore en plus d’être potentiellement cancérigènes pour l’humain. Il faudrait y ajouter une aire de décontamination des substances organiques.

 

Toute bonne chose ayant une fin, c’est notre dernier matin sur le Rotersand.  Nous faisons le ménage du bateau pour le remettre dans l’état où nous l’avions trouvé il y a une semaine avant de reprendre la route vers Longueuil.  Une semaine inoubliable où nous avons beaucoup appris sur l’environnement et la préservation des espèces du St-Laurent. Nous avons eu la chance d’expérimenter le régime végétalien et nous avons appris les bases de la navigation à la voile sur un magnifique navire-école. Évidemment les adieus sont difficiles, mais c’est la tête pleine de souvenirs que nous repartons heureux avec un léger mal de terre en prime.

La baie des Ha! Ha! est couverte d’un épais brouillard au mouillage, alors nous en profitons pour pousuivre nos différentes formations : cartographie, navigation et salle des machines. Après le dîner, la légère brise du large nous appelle et nous partons enfin faire de la voile. Tirant des bords dans le chenal du Bic avec un vent de face, nous avançons lentement vers notre destination : Rimouski. Après plusieurs virements de bord, nous constatons que nous avons avancé d’à peine 2 miles nautiques en plus de 2 heures. Nous nous résignons à faire le reste de la distance nous séparant de notre objectif à moteur. Le vent de l’est est maintenant bien établi et il monte une mer impressionnante, la plus grosse de la semaine. Le Rotersand chevauche les flots et nous trempe à chaque embrun au grand plaisir de certains qui n’hésite pas à jouer « au roi du monde » à la proue du navire. Bière récompense à la marina de Rimouski. Remise des prix de participation. Prix de l’équipage : Simon. Prix gastronomie : Marika et Nicolas. Prix « bonne attitude » : Louis.

Nous nous levons dans un épais brouillard dans l’anse à l’orignal du parc national du Bic après une nuit mouvementée due à la houle venant de l’est.  Après un deuxième topo météo, nous séparons l’équipage en deux groupes pour jouer à « construis-moi un montage » à l’aveugle avec seulement une radio VHF.  Pour dîner, falafèles et salade spéciale Lancelot. Pour se dégourdir un peu les jambes, nous décidons de faire une répétition générale des manoeuvres pour hisser les voiles. Puis, nous partons à la conquête d’un léger vent favorable. Mère-nature ne nous accorde qu’une morale instructive sur les caprices des eaux et des vents. Cap sur la baie des Ha! Ha! à moteur, nous profitons du peu de temps qu’il nous reste sur le RoterSand en appréciant un goûteux tofu Général Tao. On terminera la soirée par la contemplation d’un magnifique coucher de soleil sur le pont.

Départ de Tadoussac pour les îles du Bic.  Yoga sur le pont et observation de bélugas. En route, nous assistons à la dernière présentation étudiante sur l’accessibilité au fleuve. Le ciel est nuageux et toujours sans vent. Nous échangeons les équipes pour les formations noeuds et navigation.  Le tout est suivi d’une période d’activités pédagogiques sur le vocabulaire marin. Savez-vous ce qu’est une drisse de corne d’artimon ? Nous, oui ! Ce jeu permettra de raviver l’esprit compétitif de nos trois équipes : les focs, les éco-maurices et les redtersands. Pour souper, pâté chinois aux couleurs végétaliennes : patates douces, maïs et lentilles. Nous terminons la soirée avec une formation météo de base donnée par Peter, un membre honorifique de la Cloud Appreciation Society. 

Ce matin, c’est la dernière présentation étudiante ! Comme l’illustrent Claudia et Antoine, faire sa présentation de fin de DEC en pyjama, c’est aussi ça les stages de mobilité !

Faire sa présentation de fin de DEC en pyjama, c’est aussi ça les stages de mobilité !

Au déjeuner, de succulentes crêpes régaleront les bedons des marins affamés. Nous commençons la journée par une visite au centre d’interprétation des mammifères marins de Tadoussac. Musique et bonne bouffe (riz avec sauté de coco), les jeunes matelots appréhendent un après-midi sous une fine pluie. Nous écoutons ensuite la conférence de Sylvain Fortier, un aventurier de Québec qui a fait le tour du monde sur un petit voilier avec la mission de planter des arbres sur tous les continents. S’en est suivi un sain débat sur la concertation des initiatives individuelles et des approches collectives sur les enjeux liés à la consommation et la protection de l’environnement. Après un repas du midi enrichi de tofu, le groupe a en grande partie débarqué à terre pour une longue marche de santé dans les bois, le tout malgré la pluie et la température fraîche. Les autres, restés à bord, ont regardé un film dans la chaleur et le confort de la salle principale du navire. Après moult aller-retours et des repas gastronomiques, le groupe s’est réuni à bord autour d’énigmes passionantes et stimulantes. La soirée s’est conlue avec une multitude d’énigmes portant sur des boîtes aux lettres et la grande bonne humeur de Daphnée, cette dernière ayant reçu la confirmation de son inscription à l’université. Tout le monde s’est couché un sourire sur le visage après cette excellente journée malgré le teint grisâtre du ciel.

Brandy Pot, un mouillage idyllique pour déjeuner avec une bonne salade de fruits. La journée commence par une conférence de la société Duvenor sur la conservation des eiders à duvet et de plusieurs autres espèces d’oiseaux marins qui nichent dans l’archipel de l’île aux lièvres. La Société Duvetnor est un organisme à but non lucratif qui reversent tous ses profits de l’exploitation du duvet pour la conservation de l’habitat naturel des oiseaux. Ensuite, direction Tadoussac ! En chemin, plusieurs bélugas, quelques petits rorquals et un phoque gris nous font l’honneur de leur visite. Événement rare, un petit rorqual nous fait même tout un spectacle en faisant quelques sauts hors de l’eau. Tout le monde était subjugué! Écomaris étant membre du Réseau d’observation des mammifères marins, nous prenons notre mission au sérieux et nous notons toutes ces données dans le registre du ROMM. Arrivés dans la baie de Tadoussac, quelques courageux se risque à la baignade, dans une eau à 50 degrés farenheit….bbrrrrrr…. ! Cette superbe journée se conclut en beauté avec un feu de camp sur la plage de Tadoussac, guimauves en prime !